Mille excuses, Charles Michel !

Ce mardi, j’ai été interrogé en “micro trottoir” devant la gare de Namur.  Et, pris au jeu, j’ai répondu…

Et donc, première question, caméra branchée, micro tendu, “Trouvez-vous Charles Michel sympathique ?”

Me voilà en train de répondre…  Et pan, je fais ce que je reproche aux politiciens et aux médias…

Nous sommes aujourd’hui dans une civilisation de l’immédiateté, de la communication par l’image, par le raccourci.  Comment bien dire, comment nuancer en 160 caractères, en 15 secondes d’écran ?  Comment avoir pesé tous les aspects d’une question sous le stress de la caméra qui tourne, sous la pression sociale ?

Alors voilà, je vous prie d’accepter mes excuses, Charles !  Ce que j’ai dit de vous en deux phrases ne reflète de loin pas la complexité du sujet.

Tout d’abord, je n’ai pas à vous trouver (ou pas) sympathique.  Un premier ministre n’a pas à être sympathique…  Il est nommé par le roi pour exécuter les décisions et appliquer les lois votées par un parlement…. On me souffle par derrière mon épaule que ce n’est plus comme cela aujourd’hui, que ce sont des chefs de bande qui décident.  Soit, mais c’est un autre débat et on ne dit pas chefs de bande, on dit présidents de parti !

Et puis, votre compétence…  Qui suis-je pour en juger ?   Je ne travaille pas avec vous…  Pour moi, là où vous êtes, la vraie compétence, c’est de bien vous entourer.  C’est d’utiliser au maximum les ressources dont vous disposez.  Mais ceux-là, les hauts fonctionnaires, ou les membres de votre cabinet, on ne les voit jamais, on ne les entend jamais…  Et c’est médiatiquement logique ! Mais c’est aussi un autre débat,…

Et puis, que vaut mon avis ? Un parmi dix millions de citoyens, en vertu du principe sacré pour moi de l’égalité !  Mon avis, j’ai eu la possibilité de le donner lors des élections…  Ce jour là, j’ai choisi…  enfin, j’ai entériné des choix imposés par les chefs de bande avec des simulacres de démocratie interne à chaque parti…  Aye, je m’égare à nouveau.

Donc, j’ai donné ma voix lors des élections.  Gilles Dowek, dans une chronique récente, fait remarquer la pauvreté de notre choix “citoyen” et son inadaptation à la civilisation numérique.  Nous transmettons quelques “bits” d’information en élisant l’un ou l’autre candidat, donc moins même que les 160 caractères fétiches d’aujourd’hui !

Donc, voilà Charles, hier j’aurais du déplacer le débat, lui faire quitter le trottoir de la gare de Namur…  et puis pan !  Vanitas vanitatis, pour passer à la télé, j’ai craqué.  Si déjà à mon modeste niveau cela marche, que dire de la “pipolisation” de votre vie aujourd’hui.  Allez, finalement, vous m’êtes un peu plus sympathique, tiens !

 

 

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Les amazones du PKK

Ce matin, j’étais à Charleroi, au musée de la Photographie.

J’ai heureusement commencé par l’exposition “Women are Beautiful” de Garry Winogrand.  Heureusement, car elle en vaut la peine…  et elle m’a mis dans un doux état de bien-être.

Je suis ensuite arrivé dans la partie réservée à Colin Delfosse et ses amazones du PKK.  Là, le choc.  Mes proches savent que je cache bien mes émotions… on ne se refait pas, quand même !  Mais là, j’ai été touché, touché… et je veux donc vous le partager.

Pour moi, chaque cliché est un contraste saisissant.

D’un côté la féminité

Ces femmes sont belles, sans rien faire pour l’être.  Leur regards sont intenses, leurs attitudes interrogatives ou joyeuses, toujours présentes.  Leurs longs cheveux, les peignes de pacotilles, la joie de jouer dans une cascade… tout respire la vie !

Et de l’autre la guerre

Des tenues militaires, des armes vieilles mais réelles, des postures de combat, des entraînements, des bivouacs avec une mitraillette pendante,…

D’un côté moi…

Moi, j’ai chanté avec Renaud “Miss Maggie”, avec Brassens “Mourir pour des idées”, avec Vian “Le déserteur”…

Moi, j’ai été dispensé de service militaire en temps de paix… pour ne pas faire mon service militaire (çà, non) , et pour ne pas être objecteur de conscience (avec un père résistant, cela ne se fait pas !)

Moi, je me suis toujours demandé ce que j’aurais fait pendant la guerre…

Moi, je suis un amoureux des femmes, en qui je vois douceur, féminité, tendresse.

Et de l’autre vous Mesdames

Et donc, vous pensez que votre cause, votre pays, vos familles méritent que vous mettiez vos vies en péril

Et donc, tout en le faisant, vous gardez des sourires, des attitudes d’enfant innocent…

Merci Mesdames, aujourd’hui je suis un peu moins manichéen… je veux croire qu’un combat puisse être juste, qu’il nécessite de prendre les armes.  Je voudrais vous confier la résolution des conflits de ce monde… je suis sur que vous n’utiliserez les armes qu’en dernier recours.  Et comment peut-on aujourd’hui vous aider dans un autre combat, celui contre tous les hommes violents ?

Merci Colin pour cette magnifique exposition.  Je te souhaite qu’elle tourne à travers le monde, et je nous souhaite que tu nous fasses encore beaucoup de clichés !

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Lettre ouverte à Zakia Khattabi et Patrick Dupriez

Lettre ouverte à Patrick Dupriez et Zakia Khattabi

Chère Zakia, Cher Patrick,

Ce mardi matin, j’ai lu l’article du quotidien “La Libre Belgique” sur votre élection.  Cet article, très flatteur, faisait de votre élection le départ d’un « printemps de l’écologie ».  Je suis ensuite sorti travailler, et dehors, la nature vit aussi son printemps.  J’ai alors ressenti une urgence, vitale, impérieuse.  Depuis plusieurs années, je veux commencer ce site blog dédié à la décroissance, à ma vision de l’écologie.  Si je ne le commence pas aujourd’hui, je ne me regarderai plus dans mon miroir.

Vous êtes donc mon premier sujet de réflexion, ma première « cible », toute amicale, par ailleurs

Aujourd’hui, Patrick et Zakia, vous êtes porteurs de mes espoirs.  Je suis un électeur Ecolo de la première heure, puisque j’ai eu la chance de voter pour la première fois aux premières élections ou des candidats Ecolos se présentaient.  J’ai accompagné le parcours d’Ecolo.  J’ai été un « apparatchik », c’est-à-dire nommé dans un conseil d’administration de société publique pour représenter le cabinet Darras.  Je m’y suis complètement fourvoyé dans cette politique « réaliste » qui m’a fait accepter à mon insu de mon plein gré le renouvellement d’un réviseur totalement inacceptable par mon cerveau gauche !  Depuis, je suis un « déçu », cotisant par défaut, militant absent des débats, candidat sur une liste communale d’ouverture,… Bref, les soirs de cafards, je me souviens d’écolos en vélos, de grandes envolées, et je rêve…

Aujourd’hui, je prends cet article de presse au mot.  Vous voyez, je reste profondément naïf !  Vous voulez donc incarner une vraie « radicalité » et un printemps de l’écologie ?

Et bien bravo, et allons-y !  Je vous demande donc de relever un défi avec moi !

Au nom de ces valeurs de gauche, de cette vraie écologie politique, qui peut ou qui doit être utopique pour une majorité de citoyens, oserez-vous tester les idées suivantes ?

Oserez-vous dire et crier que le plein emploi est un leurre ?  Que la « création » d’emploi est un mythe aussi absurde que le créationnisme tout court ? Que la notion d’emploi doit être remplacée par celle d’utilité sociale ?  Que toute politique qui crée une discrimination positive, qui favorise une catégorie de demandeurs d’emplois en défavorise d’autres ?  Bref, que la seule justice sociale, la seule équité possible est de créer des incitants « universels », « sans condition »… telle que l’allocation universelle, ou impôt négatif, ou … quel que soit son nom ?

Oserez-vous dire et crier que toute politique économique qui favorise le Capital, tel que les subsides à l’investissement, la faible taxation des revenus du capital défavorise à terme l’emploi en général ?

Oserez-vous dénoncer le financement public de la Formule 1, le financement public de cette aviation low-cost qui ne respecte ni l’environnement, ni son personnel, ni ses clients ?  Dénoncer le financement par le public de recherches que des individus s’approprient ensuite dans des start-up, elles-mêmes subventionnées ou favorisées fiscalement ?

Oserez-vous dénoncer le laxisme environnemental régnant autour des transports, la subvention et le carnage environnemental des avions volant, l’absurdité des aéroports fonctionnant la nuit…

Oserez-vous crier à la barbarie d’un système fiscal complètement délirant où les exceptions et conditions particulières nous obligent à remplir un document de 20 pages, complètement illisible, et où des spécialistes vous trouveront tous les moyens pour ne pas contribuer au financement collectif ?  Accepterez-vous longtemps qu’un sportif de haut niveau soit moins taxé qu’un autre contribuable, alors que sa carrière a été commencée dans des installations subsidiées, et que, si sa carrière est courte, sa vie n’est pas finie ?  Accepterez-vous longtemps qu’une entreprise ne paye pas d’impôt car elle finance quasiment sans risque des productions cinématographiques dont le plus gros coût est le salaire indécent de deux ou trois acteurs ?

Oserez-vous dénoncer la politique d’abattements fiscaux qui, sous prétexte d’objectifs environnementaux ou autre, ne fait que favoriser la partie de la population qui, tout compte fait, a la chance de payer des impôts ?  Oserez-vous dénoncer le taux ridiculement bas de taxation des revenus mobiliers et immobiliers ?

Oserez-vous dénoncer l’absurdité de la TVA qui pénalise les indépendants par rapport à une économie souterraine, alors qu’une écotaxe bien pensée sur les intrants favoriserait l’économie de services, de recyclage, de réparation…

Oserez-vous dénoncer le fonctionnement de nos institutions politiques et citoyennes ?

Oserez-vous mettre en question cette royauté où nous faisons confiance au patrimoine génétique d’un couple pour choisir la tête de notre état, plutôt que de faire confiance à la sagesse et à l’intelligence collective d’une nation, et à son imagination pour inventer un système démocratique et du 21e siècle ? Oserez-vous dénoncer le privilège que sont les titres nobiliaires héréditaires ?

Oserez-vous mettre en doute la légitimité d’un gouvernement constitué par 5 ou 6 chefs de partis, lesquels ont aussi désigné les candidats « utiles » ?  Oserez-vous donc dénoncer le système des listes électorales avec un ordre autre que celui des votes, et le système des suppléants qui permet de contourner le résultat des urnes, en remerciant et fidélisant….

Oserez-vous dénoncer le rôle presse-bouton confiés aux personnes élues ?

Oserez-vous mettre en doute le résultat de décisions obtenues au bout de nuit entières de négociations ?  Alors qu’une telle durée appliquée à l’interrogatoire d’un suspect serait considérée comme de la torture ?

Oserez-vous dénoncer notre système médical, dans lequel les médecins notable « en place » ont plus de problème de fiscalité qu’autre chose ?  Où on arrête de jeunes candidats à la médecine, alors que des délais de rendez-vous deviennent catastrophiques, que la durée d’une consultation est réduite à la constitution des papiers administratifs, que l’écoute du patient est un luxe que seuls se permettent certains, alors qu’elle serait le premier remède à un grand nombre de nos maux !

Oserez-vous dénoncer le système judiciaire, avec son langage incompréhensible, ses délais inacceptables, sa sous-traîtance d’expertise au privé… Oserez-vous dire qu’il est insupportable qu’une personne puisse payer pour ne pas être condamnée ?

Oserez-vous dénoncer un enseignement démotivé et démotivant par son manque cruel de moyens, alors que tant de gens sont prêts et désireux de transmettre du savoir ? La transmission d’un savoir, l’apprentissage de la réflexion et du libre arbitre ne sont-ils pas le seul garant à long terme du progrès, d’une société libre d’extrémisme ?

Oserez-vous remettre en question le fonctionnement d’une armée qui veut investir des milliards d’euros dans des avions qui traversent notre pays sans s’en rendre compte ?

Oserez-vous remettre en question la question des flux migratoires, avec toute la richesse qu’elle peut nous emmener, et quand ceux qui la contestent font la route inverse pour localiser leurs sociétés offshore ?

Oserez-vous dénoncer cette libéralisation du commerce qui entraîne une ouverture 7 jours sur 7 de magasins d’alcool et de cigarettes dans les villages, alors que les pharmaciens, fort de leur lobby et de leur monopole ont des zones de garde de plus de 20 km dans les campagnes ?  Et que dire de ces grandes surfaces ouvertes le dimanche… quelle vie familiale pour leur personnel ?

Oserez-vous dénoncer la subsidiation et le financement d’un sport d’exhibition comme le football, qui entraîne des dérives populistes ou de petites frappes, sport qui nécessite un chauffage de terrains entiers en hiver,…

Oserez-vous dénoncer la privatisation de nombreux services, qui, sans créer d’emplois supplémentaires, amène des emplois de plus en plus précaires, plus d’infrastructures, plus de transports, et tout ceci au bénéfice d’entreprises multinationales ?

Oserez-vous, plus globalement dénoncer une tendance à l’ultra-libéralisme, au règne du commerce international, au mépris des populations des pays en voie de développement, à la paupérisation des populations des pays « riches » ?

Ouf, voilà un cri de poussé !  Bien sûr, chacun de ces points mérite des nuances, des développements, çà, c’est le travail d’un centre de recherche de parti écologiste, par exemple, et personnellement, je développerai, dans la mesure de mes moyens, chacun des points ci-dessus dans les mois à venir, sur ce site qui ne demande qu’à collaborer…  Cette lettre a été écrite d’une traite, sans relecture profonde… elle est plus émotionnelle que rationnelle…  Un certain nombre de phrases sont probablement trop longues, pas claires, incompréhensibles

En attendant, je voudrais dire… Merci !

Merci à Mozart pour son concerto pour Clarinette en La Majeur, qui m’a porté pendant l’écriture de cette lettre !

Merci à tous ceux qui m’ont amenés ici aujourd’hui, mes proches en particulier… qui me poussent à concrétiser ce « futur simple » qui dormait jusque aujourd’hui

Merci aux Ecolos de la première heure qui ont fait prendre conscience au jeune bourgeois que j’étais qu’un autre monde était possible, qu’il est aujourd’hui indispensable…

Merci aux écolos alors au pouvoir de m’avoir fait confiance dans l’un ou l’autre mandat.  Notre relation fut difficile, j’en suis sorti dépité, mais nourri de cette expérience nécessaire à ma lettre d’aujourd’hui.

Merci aux blogueurs qui m’ont interpellé par leurs écrits…  Vous êtes nombreux, et je ne vais en citer que quatre : Nadia Geerts, Anne Lowenthal, Marcel Sel et François De Smet qui m’avez nourri…

Merci à Audiard et sa phrase sur les cons qui osent tout !  A mon tour, je me lance !  Et merci à FB qui me fait prendre conscience de la diversité des opinions, même les pires…

Merci au professeur d’université qui, récemment, m’a flanqué un « coup de pied au… » en me disant que j’étais trop vieux pour la recherche, et que les sujets auquel je pensais n’étaient pas porteurs

Merci au monde non marchand d’aujourd’hui qui me nourrit en utilisant mes modestes compétences…

Merci à ceux qui, avec moi, portent en eux et autour d’eux, le projet d’un progrès de l’humanité, basé sur la rationalité, l’adogmatisme, et le travail personnel…  Ce combat ne sera jamais fini…

PS : ce post a été écrit dans cette urgence vitale dont je parle plus haut…  Son orthographe, sa syntaxe, son organisation mériteraient une sérieuse relecture.  Mais voilà, je demande à tous votre indulgence… pour cette fois ci !  Promis, la suite du site sera plus “léchée”

 

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